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État de stress post-traumatique, de l’individu à la société

La notion de victime de psycho-trauma, si elle était connue de longue date, est devenue familière au public et aux professionnels suite à des situations de danger extrême : catastrophes naturelles, attentat, massacres de masse, etc. Il en resulte un changement d’attitude envers les victimes de ces événements extrêmes. Les professionnels de terrain sont mieux formés pour des interventions à court terme mais de nombreuses victimes se sentent abandonnées dès lors que les missions de sauvegarde à court terme sont accomplies.La notion de victime de psycho-trauma, si elle était connue de longue date, est devenue familière au public et aux professionnels suite à des situations de danger extrême : catastrophes naturelles, attentat, massacres de masse, etc. Il en resulte un changement d’attitude envers les victimes de ces événements extrêmes. Les professionnels de terrain sont mieux formés pour des interventions à court terme mais de nombreuses victimes se sentent abandonnées dès lors que les missions de sauvegarde à court terme sont déclarées accomplies.

On ignore encore largement les effets à long terme des chocs psychiques. Mais les situations ou le sujet de trouve dépassé et dans l’incapacité à faire face tant le choc émotionnel est puissant sont bien plus nombreuses qu’il n’y paraît. Elles débordent largement du cadre type : événements extrême, catastrophe, attentat, etc.
Dans la vie courante les situations où l’individu se trouve placé, pour différentes raisons, dans des situations où aucune réaction pertinente ne lui est possible sont nombreuses : au travail, dans des circonstances de compétitions, sportives, scolaires, dans le milieu familial…

Les blessures invisibles de ces traumas, souvent eux-mêmes ignorés ou banalisés voire tolérés, demeurent mal comprises tant des professionnels que des instances responsables au sein desquels surviennent ces blessures. Or pour la plupart des victimes il s’agit d’une véritable atteinte à l’organisation personnelle, une grave lésion à l’image de soi et au sentiment de dignité personnelle.

« Le cumul de l’intensité, de la soudaineté, de la violence et de l’absence de secours extérieurs qui le caractérise peut engendrer des sentiments de terreur et d’effroi ainsi qu’un débordement des défenses psychologiques de la personne. La victime peut se sentir tellement menacée dans son intégrité physique et psychique qu’elle se trouve alors dans l’incapacité de faire face à l’afflux de stimuli et à la violence de l’effraction éprouvée. L’impact psychique peut se révéler très rapidement ou plus tardivement et il représente toujours une spécificité liée au retentissement psychologique de l’événement. » (M.A Bencharif et bachir Ridhou, Quelle réparation pour le psychotrauma ?, Erès)

Nous verrons que le défaut de prise en charge, le retard accumulé par la France dans la prise en charge de ces victimes silencieuses contribue à rendre les signes de psycho-traumatisme encore plus douloureux. La blessure du déni institutionnel s’ajoutant à celle du trauma lui-même.


 Voici un exemple de la consternation qu’éprouve une victime quand elle est confrontée à cette situation :

Une femme victime d’une agression sexuelle se plaint de ses troubles et malaises auprès de son psychiatre, Celui-ci l’interpelle : « Mais pourquoi n’avez-vous pas réagi ? Vous êtes adulte ! »
Elle lui parle de l’état de sidération que les victimes traversent dans ce type de violence…
Réplique de notre spécialiste : « Vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! »

On comprend que les victimes qui sont confrontées à ce type de réplique suffisante, arrogante et méprisante soient amenées à changer plusieurs fois de spécialiste, psychologue ou psychiatre, jusqu’à ce que l’un.e d’entre.eux.elle prenne sa parole en considération.
Mais si l’affaire est instruite, il se trouvera toujours un expert pour diagnostiquer chez cette victime un syndrome d’errance médicale. (Ce trouble est inventorié dans la nomenclature des troubles psychiatriques et je l’ai souvent vu noté dans ces circonstances que j’évoque ici)


 

Le psycho-traumatisme porte atteinte à l’ensemble de l’organisme et ses causes ne sont pas limitées au seul facteur intitial, des facteurs historiques et culturels interviennent de concert rendant plus difficle la guérison.

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